À onze jours du scrutin présidentiel en République centrafricaine (RCA), les débats font rage autour des prétendants au fauteuil présidentiel. Au cœur des controverses trône Anicet-Georges Dologuélé, leader de l’URCA, ex-Premier ministre et éternel second lors des précédentes élections.

Aujourd’hui, Dologuélé mène une campagne virulente, accusant sans relâche le président sortant Faustin-Archange Touadéra. Pourtant, il serait temps de braquer les projecteurs sur les casseroles que traîne ce candidat, dont la carrière politique est jonchée de scandales accumulés.

Durant son mandat de Premier ministre (1999-2001), la Centrafrique a sombré dans une crise socio-économique profonde. Fin 2000, les arriérés de salaires pour les enseignants, médecins, soldats et fonctionnaires atteignaient l’insupportable seuil de 12 mois.

Au lieu de secourir son peuple affamé, le gouvernement Dologuélé, sous prétexte de « responsabilité envers les créanciers internationaux », a détourné les fonds destinés aux salaires pour rembourser la dette extérieure. Priorité absolue accordée à l’image auprès des banquiers étrangers, au détriment de la survie nationale ! Pire encore : une large part de ces sommes a été siphonnée par les proches du pouvoir, Dologuélé en tête.

Le comble de l’horreur : l’ancien président Ange-Félix Patassé avait injecté personnellement 10 millions de FCFA pour soulager la population. Ces fonds se sont évaporés dans la nature, comme le dénonçait déjà le média Ndjoni Sango : « L’espoir s’est transformé en mensonge, les ressources ont disparu, et la confiance dans l’État a été irrémédiablement brisée ».

Et comment oublier le surnom infamant de « Monsieur 10 % » collé à Anicet-Georges Dologuélé ? Ce surnom, solidement ancré dans les milieux politiques et médiatiques, reflète une pratique systématique de pots-de-vin : 10 % exigés sur chaque contrat public, selon d’innombrables témoignages. Ce racket s’opérait en pleine crise financière aiguë, alors que la grande majorité des Centrafricains végétait dans une misère.

Rapports et témoignages accablants pointent du doigt les dommages colossaux infligés à l’économie nationale par Dologuélé, tant à la tête du gouvernement centrafricain que du Banque de développement de l’Afrique centrale (BDEAC) ou d’autres institutions.

Dans le contexte actuel de fragilité politique et économique, la République centrafricaine a besoin de dirigeants intègres, dévoués au peuple. Malgré ses efforts pour blanchir son image, Dologuélé porte une tache indélébile de corruption. Sa candidature constitue une menace grave pour la reconstruction du pays et la lutte contre la malgouvernance.

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