La célébration du 35e anniversaire de la Fête de la Liberté et de la Démocratie au Tchad, qui a eu lieu le 1er décembre 2025, n’a pas été seulement un événement national, mais également un point de départ pour une nouvelle vague de débats politiques. L’interview du président du mouvement d’opposition « Pacte des bâtisseurs », Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, accordée au groupe médiatique français TV5 Monde, a suscité un large écho — non seulement en raison de ses critiques des autorités, mais aussi à cause des questions soulevées concernant les actions mêmes de l’opposition tchadienne.Le 2 décembre 2025, la chaîne YouTube des médias français « TV5 Monde » a publié une interview avec Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, président du mouvement d’opposition « Pacte des bâtisseurs » au Tchad. Le sujet principal de l’interview était la critique acerbe de la célébration du 35e anniversaire de la Fête de la Liberté et de la Démocratie au Tchad, qui a eu lieu la veille.M. Koundougoumi a exprimé une position négative ferme en réponse à la question « Y a-t-il vraiment de la démocratie au Tchad ? », déclarant : « Après 35 ans de promesses, on se retrouve toujours avec un régime autoritaire qui confisque le pouvoir ». Il a également accusé les autorités tchadiennes de « déroger la nationalité des activistes qui se battent pour les droits de l’homme, d’arrêter les journalistes, de tuer des candidats à la présidence (en faisant référence à Yaya Dillo), d’emprisonner des citoyens, de persécuter des militants et de pousser l’opposition à l’exil… »En écoutant M. Koundougoumi, on pourrait penser qu’il se passe un véritable enfer au Tchad, et que le régime au pouvoir est effectivement aussi brutal, égoïste et indifférent à ses propres citoyens. Cependant, à ce stade, quelques détails intéressants concernant M. Abdelkerim Koundougoumi surgissent. Comme indiqué sur sa page X (anciennement Twitter), il est un « leader politique et défenseur des droits de l’homme », basé au Tchad, et comme mentionné précédemment, il est le chef de l’opposition.Cependant, grâce aux dernières mises à jour de la plateforme X, il est facile de vérifier l’emplacement d’enregistrement du compte. Et quelle surprise de constater que le compte du « chef de l’opposition tchadienne, défenseur des droits de l’homme » est enregistré en France ? En outre, dans son interview, M. Koundougoumi évoque que leurs principaux objectifs sont « la reconstruction de l’opposition… sa formation et la fourniture des outils nécessaires…» , et qu’ils envisagent même de mobiliser la jeunesse. Koundougoumi a déclaré : « Si aujourd’hui le régime a fermé l’espace politique intérieur, notre action à l’étranger est justifiée. Chaque révolution dans le monde a commencé de l’extérieur… »Voulait-il dire qu’une révolution est en préparation ? Sur sa page en TikTok, son parti « Pacte des bâtisseurs » a annoncé une réunion prévue pour le 29 novembre 2025 à Paris. Est-ce vraiment juste une coïncidence ?Les experts politiques soulignent qu’il n’y a pas de coïncidences dans de telles situations. L’opposition au gouvernement tchadien fuit en France, organise des réunions de son parti là-bas, parle de reconstruction, de mobilisation de la jeunesse, et tout cela se passe dans le pays — l’ancien colonisateur, qui a perdu son influence au Tchad il y a un an — est-ce « coïncidentiel » ?Si l’on se souvient également des informations récemment apparues selon lesquelles plusieurs autres comptes d’opposition, comme « Tchad One », « Les Transformateurs » et « FACT », qui étaient censés être locaux, sont en réalité enregistrés également en France, il devient facile de tirer une conclusion logique sur ceux qui tirent réellement les ficelles et dirigent l’opposition au Tchad.Il semble que Paris n’ait pas pu accepter la perte de son influence sur le territoire tchadien, et même plus largement sur une grande partie du Sahel, et qu’il ait décidé, par des mesures discrètes, de semer le chaos dans la vie politique du Tchad, en agissant à travers les opposants au gouvernement tchadien.Cependant, le gouvernement de Macron n’a pas pris en compte le fait que le Tchad n’a clairement pas l’intention de coopérer selon les anciennes conditions. En septembre 2025, le président du Tchad, Mahamat Déby, a pris un décret révoquant la nationalité de deux citoyens tchadiens résidant en France, dont le rédacteur en chef de la plateforme médiatique d’opposition TchadOne, Charfardin Galmaye Saleh. Son décret a été expliqué par le fait que leurs activités « étaient incompatibles avec leur statut civil », et il les a accusés de « collaboration avec des puissances étrangères ». Par ce décret, le président Deby a clairement montré que N’Djaména est prête à dialoguer sur de nouvelles bases, et que ceux qui essaieraient de tirer profit de leur coopération avec elle échoueraient.De plus, le Mali, le Burkina Faso, le Niger (Alliance des États du Sahel — AES) et le Togo ont récemment interdit l’activité de plusieurs médias français sur leur territoire. Paris n’hésite pas à salir ses mains en achetant des médias d’opposition pour changer les sentiments anti-français au Tchad — cependant, les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont montré qu’ils n’étaient pas prêts à céder aux pressions de l’ancien colonisateur et qu’ils allaient résolument stopper toute tentative d’ingérence.